La cuisson du riz à sushi demande une grande concentration... un état d'esprit particulier. La moindre parcelle de votre pensée doit être entièrement tournée vers le moindre petit grain de riz. Soyez en harmonie avec le petit grain de riz. Devenez petit grain de riz... Vous ne voyez pas ce que je veux dire par là ? Par là non plus ? Tant pis, continuons. Passez le riz sous l'eau pour le débarasser de son amidon (laisser s'égoûter 30 minutes). Puis, faites cuire le riz (casserole, ébullition, puis feu doudou 12 mins, puis hors feu 10 mins). Maintenez le riz à couvert, protégez-le des tireurs embusqués.
Sortez le poisson du congelo. Mais du vrai poisson, hein, pas le carré surgelé pas né (c'est râté, pour le grand prix littéraire). Non. Du vrai poisson. Celui qui pue. Munissez-vous d'un objet tranchant-qui-coupe : hache, katana ou bien couteau de cuisine 1d6 dégâts de feu +2. Ensuite, coupez des lamelles de poisson. Ah oui, ça, par contre vous allez puer sévère après, hein.
Etalez le riz sur une surface plane, de préférence une natte en bambous de Chengdu tressée à la main, mais sinon un plat ça suffit. Puis, vous tranchez le riz en faisant attention à ne pas écraser les grains, car ce sont des êtres sensibles. Ensuite, vous versez sur le riz un peu du mélange-bien-dégueulasse-de-vinaigre-de-riz-et-de-sucre. Continuez à trancher le riz d'une main tout en le soulevant et en le tournant depuis l'extérieur du récipient vers l'intérieur (comme pour incorporer des blancs d'oeufs en neige, quoi). Pendant ce temps, de l'autre main (donc si j'ai bien suivi, la 3e), éventez le riz jusqu'à ce qu'il soit tiède. Le mieux est évidemment de recourir à l'éventail en fibres de yack épilé à la main, mais sinon moi j'utilise Télé 7 Jours, c'est pas mal aussi. Quoique Télérama c'est mieux, ça donne l'air intelligent.
Maintenant, échauffez-vous. Faites quelques étirements. Remontez vos manches, prenez votre souffle. Et trempez-vous les mains dans votre mélange-bien-dégueulasse-de-vinaigre-de-riz-et-de-sucre. Ça se complique, alors on reste concentré. Il ne vous reste plus qu'à confectionner le sushi (voir les commentaires pour toutes les manipulations à faire. 'Fin bon, on peut les faire à la barbare, à mort la recette).
Là, vous allez comprendre votre malheur, muahaha. Quand vous aurez du riz dans les cheveux, quand le vinaigre aura coulé le long de vos avant-bras, quand tout ce qui compte de poignées dans votre cuisine sera affreusement gluant, quand vos doigts feront des noeuds, vous aurez alors fini vos sushis.
Prenez quelques heures pour calmer votre nausée, puis dégustez, avec du persil dans les oreilles pour faire joli (toi je ne sais pas qui tu es, mais tu es perdu).
La prochaine fois, nous verrons comment faire la pâte à sel. L'article sera plus court.
Skyblog dois-je me rouler à tes pieds pour te remercier d'avoir compris que, oui, il existe une écriture justifiée ? Je vais enfin pouvoir aligner tous mes textes, les rendre parfaitement carrés ! Maniaque, moi ? Non, jamais entre les repas.


